Le "visage d'ange" de Meloni retiré d'une fresque à Rome
Cachez cet ange que je ne saurais voir: Quatre jours seulement après qu'une polémique a éclaté dans la presse, le visage d'un chérubin présentant une troublante ressemblance avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni, sur une fresque récemment restaurée d'une basilique de Rome, a été retiré.
Samedi, la polémique avait rapidement gonflé après qu'un article de La Repubblica avait révélé, photos à l'appui, que le visage d'un ange sur une fresque récemment restaurée dans une chapelle de la basilique San Lorenzo in Lucina, en plein coeur de Rome, présentait des traits étonnamment proches de ceux de la cheffe du gouvernement italien.
La Première ministre italienne s'était elle-même amusée de la polémique, accompagnant sur Instagram la photo de son supposé portrait du commentaire: "Non, je ne ressemble vraiment pas à un ange".
L'artiste bénévole à l'origine de la restauration, Bruno Valentinetti, a expliqué à La Repubblica avoir lui-même effacé le visage incriminé mardi soir, à la demande de la Curie, le gouvernement central de l'Eglise.
Contacté par l'AFP, le Vatican n'a pas donné suite dans l'immédiat.
Le restaurateur a finalement reconnu auprès du journal qu'il s'agissait bien du visage de Giorgia Meloni, alors qu'il l'avait jusqu'à présent démenti.
"Bon, c’était bien Meloni, mais dans le même style que le tableau qui était là avant", a-t-il déclaré à La Repubblica.
Après que la basilique San Lorenzo in Lucina, située à quelques mètres du siège du gouvernement italien, a dû faire face à un afflux inhabituel de curieux ces derniers jours, le flot de visiteurs s'était quelque peu tari mercredi midi, sans doute en raison de la pluie battante martelant les pavés de Rome.
Arianna De Gregoriis, 23 ans, n'a toutefois pas résisté à la tentation de revenir voir si le visage avait bien disparu.
"Hier je suis venue pour voir cette représentation" et "après avoir lu que (le visage) avait été effacé, cela m'a "encore plus intriguée" et j'ai voulu "revenir voir", a expliqué la jeune femme.
"Je pense qu’insérer une personne politique à l’intérieur d'un lieu sacré comme celui-ci, et plus généralement dans une œuvre artistique, n'est pas un message positif", a-t-elle estimé.
Mercredi, l'institut gérant les biens artistiques de Rome a indiqué dans un communiqué qu'une demande d'autorisation était nécessaire pour toute intervention de restauration, "accompagnée d'un croquis de l'image".
L'institut, qui dépend du ministère de la Culture italien, avait ordonné samedi une inspection de la fresque.
B.Karagiannis--AN-GR