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L'UE demande à TikTok de changer son interface "addictive"
L'UE demande à TikTok de changer son interface "addictive" / Photo: Kirill KUDRYAVTSEV - AFP/Archives

L'UE demande à TikTok de changer son interface "addictive"

La Commission européenne a demandé vendredi à l'application TikTok de changer son interface "addictive", accusée d'enfreindre la législation européenne sur le numérique, sous peine de s'exposer à de lourdes amendes.

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L'UE, qui dispose de l'arsenal juridique le plus puissant au monde pour réguler le numérique, a ouvert il y a deux ans une enquête sur le réseau social, aux vidéos ultra-courtes très plébiscitées par les jeunes.

Bruxelles pointe du doigt des "fonctionnalités addictives" qui "pourraient nuire au bien‑être physique et mental" des utilisateurs de l'application notamment des mineurs, incités à faire défiler les contenus et à consulter leurs téléphones de façon "compulsive", y compris la nuit.

Ces fonctionnalités, accusées d'être particulièrement "addictives", sont dans son viseur:

- Le "scrolling", soit le défilement ininterrompu de contenus sur son application

- Le lancement automatique de vidéos

- L'envoi répété de notifications push

- "Protéger nos mineurs" -

"Il faut que TikTok agisse et change son interface en Europe afin de protéger nos mineurs", a lancé la commissaire européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen.

"Ce n'est pas comme si TikTok ne reconnaissait pas du tout ce risque" addictif, a affirmé un responsable européen. D'après lui, TikTok mentionne bien le potentiel addictif de son application, "évalue ces risques".

Mais cela reste insuffisant au vu des lois européennes sur le numérique, a-t-il souligné.

Ces mêmes règles qui sont régulièrement critiquées par l'administration Trump et les patrons des réseaux sociaux.

Bruxelles accuse notamment TikTok de ne pas tenir compte "d'indicateurs importants sur l'utilisation compulsive de l'application", comme le temps passé sur la plateforme par les enfants pendant la nuit.

Elle estime que les fonctionnalités de l'application pour limiter le temps d'écran sont trop "faciles à ignorer" et regrette que le contrôle parental nécessite trop d'étapes pour être mis en place.

TikTok peut désormais accéder au dossier de l'UE et se défendre contre ces accusations.

Bruxelles a souligné que la plateforme s'est jusqu'ici montrée "très coopérative" avec ses enquêtes.

L'application s'expose à terme à une amende pouvant peser jusqu'à 6% de son chiffre d'affaires mondial annuel.

Elle n'a pas réagi dans l'immédiat à une sollicitation de l'AFP.

- Restriction d'âge? -

Cette enquête de Bruxelles intervient alors même que plusieurs capitales européennes s'interrogent sur la possibilité d'interdire les réseaux sociaux pour les enfants ou jeunes adolescents.

L'Espagne et la France examinent des propositions en ce sens, provoquant de très vives réactions des patrons des grandes plateformes.

Lors d'une conférence de presse vendredi, la commissaire européenne Henna Virkkunen a estimé que l'objectif était surtout de rendre ces plateformes sûres pour tous les utilisateurs, enfants compris.

"Les réseaux sociaux devraient être conçus de manière à être si sûrs qu'il ne devrait pas être nécessaire d'imposer des restrictions d'âge aussi strictes", a-t-elle déclaré.

TikTok est visé en parallèle par une autre enquête de l'UE concernant des accusations d'ingérence étrangère lors des élections présidentielles roumaines. Celle-ci est toujours en cours.

I.Manolis--AN-GR