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ANTS: un jeune de 15 ans soupçonné d'être l'auteur de la fuite de données
ANTS: un jeune de 15 ans soupçonné d'être l'auteur de la fuite de données / Photo: STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

ANTS: un jeune de 15 ans soupçonné d'être l'auteur de la fuite de données

Un mineur de 15 ans a été interpellé dans l'enquête sur l'attaque informatique ayant visé le portail de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) dont le Premier ministre Sébastien Lecornu a visité les locaux jeudi, annonçant le déblocage de 200 millions d'euros afin de "remettre des moyens" en matière de cyber.

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La semaine dernière, c'est un jeune homme de 21 ans, soupçonné d'être derrière une avalanche de piratages de sites de fédérations sportives, de l’Éducation nationale ou de répertoires d'armes de particuliers, qui avait été mis en examen et écroué.

Le mineur de 15 ans, soupçonné d'être le hacker "breach3d", a été arrêté le 25 avril, placé en garde à vue, avant la saisine de juges d'instruction mercredi, a détaillé la procureure de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué.

Sa mise en examen et son placement sous contrôle judiciaire ont été requis par le parquet pour ces faits constitutifs notamment "d'atteintes (accès, maintien, extraction, transmission, détention, entrave au fonctionnement) à un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État", a précisé Mme Beccuau.

Les délits visés font encourir jusqu'à sept ans de prison et 300.000 euros d'amende.

L'agence avait confirmé une activité inhabituelle sur son réseau le 13 avril et l'authenticité des données revendues, selon la procureure.

- "Cybermenace intense" -

La section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, avisée le 16 avril, a immédiatement ouvert une enquête.

Les données à caractère personnel concernées sont notamment les noms et prénoms, l'adresse électronique ou la date de naissance d'usagers.

Outre un signalement adressé à la justice, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a saisi "l'Inspection générale de l'administration pour établir la chaîne de responsabilité dans cet incident sérieux, la sûreté numérique étant un enjeu collectif majeur", a indiqué le 21 avril son ministère, évoquant alors 11,7 millions de comptes concernés.

Sébastien Lecornu a annoncé lors de sa visite que 200 millions d'euros seraient débloqués "dès la semaine prochaine" afin de "remettre des moyens" dans le cyber.

Il n'a pas précisé comment ces fonds seraient utilisés, mais déclaré qu'ils s'inscrivaient dans le cadre du programme d'investissements France 2030, lancé en 2021 par Emmanuel Macron.

Il a aussi évoqué la création d'une "autorité numérique de l’État": "On a, depuis le début de l'année 2026, énormément d'intrusions informatiques, de vol de données", a-t-il expliqué, en précisant que cela correspond à environ trois vols de données par jour.

"On est donc au fond sur un casse du siècle mais qui a pratiquement lieu tous les mois", a déploré le Premier ministre.

Ses services avaient rappelé mardi que M. Lecornu avait "établi une feuille de route le 9 avril, imposant à tous les ministères des mesures d'urgence en matière de sécurité numérique, à mener dans les prochaines semaines".

- "HexDex" -

À partir de décembre, une vague de cyberattaques a visé une multitude de fédérations sportives françaises (voile, athlétisme, sport automobile, gymnastique, ski...), l’Éducation nationale, des chaînes d'hôtels comme Logis Hôtels France ou Brit Hotel, la Philharmonie de Paris ou encore la préfecture de Moselle. Ainsi que des serveurs sensibles comme le Système d'information sur les armes qui répertorie les particuliers détenteurs d'armes.

Dans ce dossier, un jeune homme de 21 ans, qui a reconnu utiliser le pseudonyme de hacker "HexDex", a été interpellé en Vendée "alors même qu'il s'apprêtait à publier d'autres données" piratées: il a été mis en examen le 23 avril et écroué, a indiqué la semaine dernière le parquet de Paris, qui le relie à une centaine de signalements de piratages depuis le 19 décembre.

Sa jeunesse correspond au profil des hackers dans les radars de la justice.

Fin janvier 2026, deux pirates présumés ont été mis en examen pour s'en être pris, dans des dossiers différents, aux interfaces des académies de La Réunion, Reims et Clermont-Ferrand, notamment, à l'automne 2025. Lors de leur mise en examen, le plus jeune avait 17 ans, l'autre 20 ans.

I.Athanasiou--AN-GR