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Espagne: après les accidents, Pedro Sánchez promet justice et défend un système ferroviaire "sûr"
Espagne: après les accidents, Pedro Sánchez promet justice et défend un système ferroviaire "sûr" / Photo: Pierre-Philippe MARCOU - AFP

Espagne: après les accidents, Pedro Sánchez promet justice et défend un système ferroviaire "sûr"

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a promis mercredi que l'Etat rendrait "justice" si "nécessaire" dans les enquêtes sur les deux accidents ferroviaires qui ont fait 47 morts en janvier dans le pays, et défendu le réseau ferroviaire national, "pas parfait" mais "sûr".

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Ces deux tragédies, intervenues à 48 heures d'écart les 18 et 20 janvier, ont bouleversé l'Espagne, ravivant les débats sur la qualité de l'entretien du réseau de voies ferrées, parmi les plus développés au monde, dans le deuxième pays le plus touristique sur la planète.

Depuis près d'un mois, l'opposition de droite (Parti populaire) et d'extrême droite (Vox) appellent au départ du ministre des Transports, Oscar Puente, et à la démission de Pedro Sánchez, dont l'entourage privé et professionnel reste empêtré dans des affaires de corruption et dont la formation, le PSOE, a subi deux revers électoraux dans des scrutins régionaux en deux mois.

"L'État tout entier fait et fera tout ce qui est en son pouvoir pour accompagner (les blessés et les proches des victimes, ndlr), pour les aider à comprendre les causes de l'accident et, si cela s'avérait nécessaire et approprié, pour rendre justice", a promis dans ce contexte tendu mercredi le dirigeant socialiste, s'exprimant pour la première fois face aux députés sur ces catastrophes ferroviaires.

Dans l'hémicycle, le Premier ministre espagnol a une nouvelle fois dit que les autorités allaient "enquêter avec rigueur" et "informer avec transparence", assurant que l'exécutif "prendr(ait) les mesures nécessaires pour que des accidents comme celui que nous pleurons aujourd'hui ne se reproduisent plus".

Face aux critiques sur l'entretien du réseau ferroviaire national, Pedro Sánchez a également souhaité défendre les "15.700 km" de voies ferrées dans le pays, dont les "4.500 à grande vitesse".

"Ce système n'est pas parfait - malheureusement nous avons subi une terrible tragédie -, mais il est sûr", a affirmé le dirigeant socialiste dans ce discours.

"Depuis 2018, nous avons pratiquement triplé l'investissement dans les infrastructures ferroviaires", a-t-il encore déclaré, accusant le Parti populaire, qui gouvernait avant son arrivée au pouvoir il y a près de huit ans, d'avoir sous-investi dans le réseau ferroviaire national, qui transporte désormais "chaque semaine plus de 12 millions" de passagers.

- "Beaucoup à améliorer" -

Lundi, au premier jour d'une grève des cheminots, les syndicats majoritaires et le gouvernement avaient annoncé être parvenus à un accord pour améliorer l'entretien et la sécurité des voies ferrées et des trains, l'une des principales demandes des professionnels du secteur.

Le gouvernement, a précisé le ministère des Transports, s'engage notamment à investir 1,8 milliard d'euros pour améliorer la maintenance, créer 3.650 emplois et renforcer la sécurité ferroviaire.

"Il reste du travail à faire, sans aucun doute, et aussi beaucoup à améliorer", a reconnu Pedro Sánchez, avant de conclure son discours en promettant: "Si une fois leur enquête achevée, les experts et expertes (...) nous disent que nous devons en faire davantage, nous le ferons".

Prenant la parole juste après lui, le patron du Parti populaire (droite) Alberto Núñez Feijóo a accusé les autorités d'avoir "joué à la roulette russe avec (la) sécurité" des Espagnols.

"C'était un accident évitable, pas une catastrophe imprévisible, et ce qu'ils auraient dû faire, c’est venir demander pardon et assumer les conséquences", a-t-il poursuivi, évoquant en particulier la catastrophe d'Adamuz, en Andalousie (sud), qui avait fait 46 morts dans la collision violente de deux trains, à plus de 200 km/h.

Deux jours plus tard, un autre accident, en Catalogne, avait causé la mort du conducteur d'un train de banlieue, après l'éboulement d'un talus à la suite de fortes pluies.

Le patron du parti d'extrême droite Vox, Santiago Abascal, a lui aussi vertement critiqué le gouvernement de gauche à Madrid, "une calamité" à ses yeux. "Adamuz a été un crime et pas seulement un accident", a-t-il cinglé.

E.Venizelos--AN-GR