Bébés congelés: la mère mise en examen pour meurtres et incarcérée
La mère des deux bébés retrouvés congelés dans un village de Haute-Saône a été mise en examen jeudi soir pour meurtres sur mineurs et placée en détention provisoire, a annoncé vendredi à l'AFP le procureur de Besançon, Cédric Logelin.
Aucune autre personne n'a été mise en examen, a-t-il ajouté.
Âgée de 50 ans, cette femme a reconnu en garde à vue avoir donné naissance aux deux bébés retrouvés mardi chez elle, dans un congélateur, à Aillevillers-et-Lyaumont, commune de 1.500 habitants à la limite des Vosges.
Arrêtée à Boulogne-Billancourt, près de Paris, elle avait été initialement placée en garde à vue pour assassinat, qui suppose un acte prémédité, mais ce chef n'a finalement pas été retenu par le procureur.
Devant une cour d'assises, la peine encourue pour meurtre est la réclusion criminelle à perpétuité.
La quinquagénaire, mère de neuf autres enfants de trois pères différents, a expliqué "avoir accouché au domicile" puis avoir "enveloppé les nouveau-nés aussitôt après l'accouchement" avant de les déposer "dans ce congélateur situé dans la buanderie du domicile", qu'elle était la seule à utiliser, avait précisé jeudi le procureur lors d'une conférence de presse.
Elle a dit avoir "caché" ces grossesses "à son entourage familial et amical", et avoir "inventé des explications lorsqu'elle était interrogée sur ses prises de poids", en mettant "des vêtements amples pour les dissimuler". "Lors de ses auditions, elle pleurait très régulièrement et se disait désolée pour ses enfants et sa famille", a ajouté le procureur.
C'est un membre de la famille qui a découvert mardi le corps d'un nouveau-né dans un des congélateurs de la maison familiale, qu'elle avait subitement quittée en décembre.
- Le compagnon "tombait des nues" -
Elle n'a pas pu indiquer précisément les dates de naissance des deux bébés congelés, qu'elle a situées entre 2011, date de la naissance de son enfant précédent, et 2018, quand elle avait repris une activité professionnelle.
Selon Le Parisien, la suspecte a déclaré devant le juge des libertés avoir fait un abandon de poste à son travail et avoir quitté le domicile en décembre parce qu'elle voulait se séparer de son compagnon. "J'ai pris la décision comme ça. Il n'y avait pas d'arrière-pensée, c'était le moment de partir", a-t-elle déclaré.
La quinquagénaire est partie au Portugal où elle avait rencontré un homme, et c'est pour "clarifier (sa) situation" administrative qu'elle est ensuite revenue en France, où elle a été arrêtée, a-t-elle encore dit au juge, selon le Parisien.
Les corps des nourrissons doivent être autopsiés vendredi, afin de déterminer les circonstances exactes des décès, et peut-être dater les faits de manière approximative.
Le compagnon de la mère, placé dans un premier temps en garde à vue, a affirmé qu'il "ignorait totalement ces grossesses et qu'il tombait des nues", a indiqué le procureur. Aucune charge n'a été retenue contre lui.
La mère n'avait pas d'antécédents judiciaires. La famille était "honorablement connue" et n'avait "pas de difficultés" apparentes, avait précisé jeudi une autre magistrate du parquet, Christine de Curraize.
Selon le maire du village, Jean-Claude Tramesel, la famille habitait la commune depuis une vingtaine d'années mais n'y travaillait pas. "Ce sont des gens qui ne font pas parler d'eux."
H.Christodoulou--AN-GR