Les Bourses mondiales terminent en hausse, saluent les débuts de SpaceX à Wall Street
Les marchés boursiers mondiaux ont clôturé en hausse vendredi, portés par l'engouement autour de l'entrée en Bourse historique du géant SpaceX à Wall Street, sur fond d'espoirs de paix entre Washington et Téhéran.
En Europe, la Bourse de Paris a gagné 1,83%, Francfort a progressé de 1,76%, Londres de 1,63% et Milan de 1,97%.
A New York, le Dow Jones a gagné 0,70%, l'indice Nasdaq a progressé de 0,31% et l'indice élargi S&P 500 a avancé de 0,50%.
"Il y a sur les marchés un certain soulagement à l'idée que tout se soit si bien passé" pour les premiers pas de SpaceX, estime auprès de l'AFP Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Pour son premier jour de cotation à Wall Street - particulièrement scruté par les investisseurs à travers le monde -, l'action du géant de l'espace et de l'intelligence artificielle (IA) a terminé la séance à 160,95 dollars, soit 19,22% plus haut que le prix initialement défini par le groupe.
SpaceX a récolté pas moins de 75 milliards de dollars, le triple du record détenu depuis 2019 par le pétrolier Saudi Aramco.
Et a dépassé le seuil de 2.000 milliards de dollars de valorisation, la hissant parmi les huit plus grosses capitalisations boursières.
SpaceX symbolise l'enthousiasme des investisseurs pour la chaîne de l'intelligence artificielle (IA), qui a permis ces derniers mois aux marchés de battre des records malgré le coût de la guerre lancée par Donald Trump contre l'Iran le 28 février.
"C'est sans aucun doute une histoire qui s'inscrira dans la durée", souligne John Belton, de Gabelli Funds. "De nombreuses opportunités prometteuses attendent l'entreprise."
Bon nombre d'investisseurs adhèrent à la vision d'Elon Musk, celle d'un conglomérat multi-facettes, hétéroclite pour certains, entre fusées, IA, puces, internet par satellite et réseau social.
Ce que vend Elon Musk, bien plus que les activités qui rapportent déjà, comme le lanceur Falcon ou le réseau internet Starlink, c'est un potentiel et des marchés qui n'existent pas encore, comme celui des centres de données dans l'espace.
"Cela crée à la fois des opportunités et des risques", estime de son côté Matt Britzman, analyste pour Hargreaves Lansdown. "Les investisseurs feraient mieux de voir les deux faces de la pièce", a-t-il souligné.
- Un accord USA-Iran? -
Les Bourses mondiales ont aussi été soutenues par "l'espoir d'un cessez-le-feu prolongé entre les États-Unis et l'Iran", explique Patrick O'Hare.
Le ministre iranien des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a affirmé que la conclusion d'un accord, négocié sous les auspices du Pakistan, n'avait "jamais été aussi proche".
Donald Trump avait annoncé jeudi un "très bon accord" avec l'Iran, "une fois les documents finalisés".
Ces déclarations ont fait une nouvelle fois reculer les cours du pétrole: le prix du baril de Brent de la mer du Nord a perdu 3,38% à 87,33 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate a cédé de 3,23% à 84,88 dollars.
"Le pétrole repasse sous 90 dollars, et c'est peut-être l'élément le plus important de la semaine", a noté Florian Ielpo, analyste de la banque privée Lombard Odier.
"Le marché ne croit pas forcément à une paix durable, mais il commence à croire que le pire scénario énergétique devient moins central et c'est déjà beaucoup (...) Si le pétrole baisse, la transmission des prix de l'énergie vers l'inflation peut se calmer", a-t-il ajouté.
Les analystes rappellent toutefois que le marché a déjà été confronté, à plusieurs reprises, à des annonces de percée diplomatique, qui n'ont finalement pas abouti.
Selon un décompte de CNN, Donald Trump a déjà annoncé par 39 fois un accord imminent.
I.Kollias--AN-GR