Les marchés mondiaux digèrent l'évocation d'une possible hausse des taux de la Fed
Net repli des actions, bond du dollar et hausse des taux obligataires: les marchés mondiaux ont été chahutés mercredi par l'évocation d'un resserrement monétaire par la banque centrale américaine (Fed) d'ici à la fin de l'année.
L'institution monétaire a décidé - comme attendu et à l'unanimité - de laisser ses taux inchangés, à l'issue de la première réunion de son nouveau président Kevin Warsh.
En revanche, les responsables américains ont suggéré, via leurs prévisions, qu'une hausse des taux pourrait intervenir d'ici à la fin de l'année.
Cette annonce a créé la surprise: la Fed envisageait encore une baisse en mars. Mais l'inflation a brusquement accéléré pour atteindre un pic de trois ans, alimentée par le choc énergétique déclenché par la guerre au Moyen-Orient.
Face à cette perspective, à Wall Street, l'indice Nasdaq a perdu 1,34%, l'indice élargi S&P 500 a reculé de 1,21%, et le Dow Jones s'est replié de 0,97%.
Parce que les marchés préfèrent un environnement monétaire plus accommodant - propice à la croissance des entreprises et aux investissements - l'annonce d'une possible hausse des taux a provoqué une réaction négative des investisseurs.
Ils "prennent également conscience qu'il y a désormais un nouveau président de la Fed, et qu'il faudra donc peut-être un certain temps pour voir comment la communication va évoluer", remarque Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.
Ce mouvement n'a pas touché les places européennes, fermées avant l'annonce de la Fed.
Les Bourses y ont terminé sans élan: Paris a perdu 0,20% quand Francfort a terminé en légère hausse de 0,10%, Londres ayant gagné 0,14% et Milan 0,31%.
- Bond du dollar et des taux -
L'orientation de la Fed a aussi fait grimper les taux obligataires américains: l'échéance à dix ans s'établissant autour de 4,49% contre 4,44% la veille en clôture.
Le deux ans, plus sensible à la conjoncture, s'est tendu encore plus: bondissant à 4,19% contre 4,05% la veille en clôture.
Or, quand les rendements des bons du Trésor s'élèvent, la détention de dollars devient plus attractive pour les investisseurs.
Le billet vert bondissait donc face aux autres grandes monnaies: vers 21H00 GMT, il prenait 0,98% face à la devise britannique, à 1,3295 dollar pour une livre, et progressait de 0,31% face à la monnaie unique européenne, à 1,1502 dollar pour un euro.
Il évoluait aussi autour de ses plus hauts niveaux face au yen depuis juillet 2024.
- Le pétrole en petite hausse -
Côté pétrole, les cours ont terminé en légère progression mercredi, les opérateurs se montrant prudents avant la signature prévue du protocole d'accord par Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Après presque quatre mois de blocage à cause du conflit, le détroit d'Ormuz, artère commerciale cruciale pour le transport d'hydrocarbures, devrait rouvrir vendredi, jour de la signature du texte.
"Cet accord permettra d'instaurer une paix fragile jusqu'à la fin de l'année", estime Gregory Brew, d'Eurasia Group."Mais les obstacles à sa mise en œuvre restent importants."
L'analyste mentionne notamment "les tensions persistantes entre l'Iran et Israël" qui risquent de "mettre à l'épreuve" l'entente entre Washington et Téhéran.
Une certaine nervosité se reflète donc dans les prix: le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a gagné mercredi 0,75%, à 79,55 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, a progressé de 0,97% à 76,79 dollars.
Les cours n'avaient pourtant fait que chuter depuis l'annonce de l'entente, après leur flambée des derniers mois.
- L'automobile européenne dans le rouge -
Le constructeur automobile allemand BMW a annoncé mardi revoir à la baisse ses objectifs pour 2026, en raison du conflit au Moyen-Orient et des difficultés sur le marché chinois, et a laissé entendre qu'il pourrait bientôt instaurer un plan d'économies.
A Francfort, BMW a chuté de 8,34% et a emporté avec lui les autres valeurs du secteur comme Volkswagen (-3,48%).
A Paris aussi, Stellantis (-3,21%), Renault (-2,12%) et Michelin (-1,24%) ont terminé dans le rouge.
I.Athanasiou--AN-GR