La Bourse de Paris finit en baisse, entre résultats, Moyen-Orient et tech en recul
La Bourse de Paris a terminé dans le rouge mercredi, pénalisée par les tensions géopolitiques provoquant une flambée des cours du brut, la nouvelle vague de ventes dans la tech et la chute de certaines valeurs après leur publication de résultats.
L'indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, a reculé de 0,60% à 8.408,27 points. Mardi, le CAC 40 avait progressé de 0,63%, terminant à 8.458,78 points.
"La journée avait mal commencé avec cette fébrilité sur les résultats d'entreprises tech", résume Vincent Juvyns, analyste pour ING, interrogé par l'AFP.
Le géant sud-coréen des puces mémoires SK Hynix a dévissé d'environ 10% à Séoul après avoir annoncé un bénéfice net record en hausse de 1.242% sur un an au deuxième trimestre 2026. Mais ses prévisions de dépenses d'investissement inquiètent les investisseurs.
"L'onde de choc reste largement concentrée sur l'univers de l'IA, où une quantité excessive de capitaux s'était concentrée sur un nombre trop restreint de valeurs", estime toutefois Stephen Innes, gérant de SPI AM.
Autre facteur d'inquiétude: les cours du pétrole ont flambé de plus de 7% à la suite de la reprise des frappes au Moyen-Orient.
Donald Trump a averti que les États-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit au Moyen-Orient.
"Ces développements refroidissent les espoirs d'une désescalade rapide dans le Golfe persique", résument les analystes d'ING dans une note.
Au tableau des valeurs, l'automobile a tiré son épingle du jeu: le titre Stellantis a terminé sur une hausse de 4,14% à 5,28 euros et Renault a gagné 2,80% à 27,91 euros.
Bureau Veritas s'est aussi illustré, terminant grimpant de 7,14% à 29,27 euros. Le géant français de la certification a annoncé un relèvement de ses perspectives de croissance pour 2026.
Parmi les mauvais élèves, STMicroelectronics a cédé 3,55% à 42,90 euros, emporté par la pression vendeuse sur les valeurs technologiques à travers le monde.
- Grand huit dans le luxe -
Le groupe de luxe français Hermès n'a pas convaincu en Bourse mercredi, après la publication de ses résultats financiers, son action finissant sur une chute de 11,03% à 1.508,50 euros, en dépit de ventes en hausse dans quasiment toutes les zones géographiques au deuxième trimestre.
Le sellier-maroquinier, connu pour ses carrés de soie et ses sacs en cuir, a vu ses ventes progresser de 4,8% sur un an pour la période allant d'avril à fin juin, atteignant 4,1 milliards d'euros. Sur l'ensemble du premier semestre, les ventes ont progressé de 1,6% (mais de plus de 6% hors effet des taux de change), à 8,2 milliards d'euros.
Malgré ces chiffres, l'action d'Hermès est sous pression depuis le début de l'année, les investisseurs pénalisant le manque de dynamisme sur le marché chinois, qui a perdu de l'élan après avoir été longtemps l'un des plus dynamiques pour le luxe. L'action est ainsi tombée à son niveau le plus bas depuis janvier 2023.
"Le secteur du luxe reste à la peine", juge Vincent Juvyns.
Le groupe de luxe français Kering a au contraire flambé de 16,91% sur la séance de mercredi, à 292,85 euros, porté par l'annonce la veille de ventes en légère croissance au deuxième trimestre.
Pour Kering, en pleine transformation, c'est le signe de l'efficacité de sa nouvelle stratégie annoncée il y a quelques mois, après plusieurs années difficiles.
P.Skoulas--AN-GR