Wall Street en ordre dispersé, les taux au centre de l'attention
La Bourse de New York évolue sans direction claire lundi, les investisseurs optant pour la prudence face aux hauts niveaux des taux obligataires et aux incertitudes géopolitiques, à quelques jours des résultats d'entreprises.
Vers 14H10 GMT, le Dow Jones cédait 0,27%, le Nasdaq avançait de 0,54% et l'indice élargi S&P 500 prenait 0,28%.
"Les taux d'intérêt – leur niveau, leur évolution et les différentes analyses des facteurs qui les influencent – restent au cœur des préoccupations du marché", souligne Justin Bergner, de la société d'investissement Gabelli Funds.
Le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'Etat américain évoluait autour de 5,29% lundi contre 5,27% à la clôture en fin de semaine dernière.
"Bien que les taux aient brièvement baissé à l'annonce des chiffres de l'emploi" vendredi, qui ont diminué les attentes de resserrement monétaire, M. Bergner note que "les inquiétudes liées à une escalade des tensions avec l'Iran après les élections américaines, aux frappes des Houthis du Yémen contre l'Arabie saoudite, ainsi que les dynamiques plus générales qui déterminent les taux d'intérêt" restent fortes.
Le coût de la dette reste proche de son plus haut niveau depuis deux décennies. Il renchérit les crédits contractés par les particuliers (immobilier, auto, consommation) et ampute leur pouvoir d'achat. Les entreprises subissent le même effet.
"En théorie, les taux des bons du Trésor ont suffisamment augmenté pour qu'ils pèsent lourdement sur les multiples de croissance", souligne Stephen Innes, analyste de SPI AM.
Mais, selon lui, "le S&P 500 a plié sans rompre, tandis que le Nasdaq 100 a fait encore mieux en atteignant un niveau record" grâce aux géants de l'intelligence artificielle (IA), dont la bonne forme suffit à tirer le marché tout entier vers le haut.
"Nous sommes à une semaine de la saison des résultats, au cours de laquelle le secteur de l'IA devra prouver une nouvelle fois que les bénéfices peuvent justifier des valorisations de plus en plus élevées", prévient pour sa part Jay Woods, de Freedom Capital Markets.
En attendant, le calendrier économique des prochains jours est peu chargé, préviennent les analystes, de quoi laisser le champ libre au marché de se concentrer sur les évolutions géopolitiques et énergétiques. Le baril de pétrole Brent se maintient pour le moment au-dessus du seuil symbolique de 100 dollars.
Les investisseurs prendront tout de même connaissance du compte rendu (minutes) de la dernière réunion de la banque centrale américaine (Fed).
"Ces derniers temps, les comptes rendus ont été scrutés de plus près que jamais", note Jay Woods. La Réserve fédérale a décidé à l'unanimité de relever ses taux en septembre.
Mais les responsables monétaires avaient auparavant affiché leurs désaccords sur la marche à suivre face notamment à l'inflation persistante.
Au tableau des valeurs, le concepteur américain de logiciels PTC s'envolait de près de 35% à 194,21 dollars après que le géant français des équipements électriques Schneider Electric a annoncé racheter l'entreprise pour 22,6 milliards de dollars, soit environ 40% de plus que sa capitalisation boursière à la clôture vendredi.
Les actions brésiliennes étaient en verve après les résultats du premier tour de l'élection présidentielle dans le pays, qui ont porté le conservateur Flavio Bolsonaro en tête. Itau Unibanco prenait 17% tandis que Banco Bradesco gagnait 18,75%.
Le groupe de paris sportifs en ligne DraftKings (+5,27% à 19,57 dollars) profitait d'une hausse de sa recommandation d'achat par Bank of America.
F.Tsakiris--AN-GR