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La vague de chaleur s'intensifie, 26 départements en vigilance orange canicule jeudi

La vague de chaleur s'intensifie, 26 départements en vigilance orange canicule jeudi

Vingt-six départements sont placés en vigilance orange canicule à partir de jeudi avec l'intensification d'une vague de chaleur qui déferle sur la France et pourrait culminer à 40°C localement ces prochains jours.

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Ces départements couvrent une large zone allant de la région parisienne au Puy-de-Dôme et la Haute-Savoie, précise Météo-France dans son bulletin de 16H00.

"Les températures augmentent sur le pays jour après jour jusqu'en fin de semaine", prévient Météo-France, qui attend par endroits entre 30 et 35°C mercredi, avec des pointes à 36-37°C localement et des nuits qui deviennent très chaudes.

Pour "préserver la santé des participants" et ménager les services de secours, le département du Maine-et-Loire a décidé d’annuler la Fête du Vélo en Anjou qui devait attirer dimanche quelque 25.000 participants.

A Paris, la mairie autorise dès mercredi la baignade dans une portion du canal Saint-Martin, dans l'est de la capitale, pour en faire un "véritable outil de rafraîchissement".

La France va subir sa première vague de chaleur de l'année, la 52e depuis 1947, alors que les occurrences se multiplient sous l'influence du changement climatique alimenté par l'utilisation massive des énergies fossiles. En Europe, l'Espagne et le Royaume-Uni sont aussi sous la menace de très fortes températures.

C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites pour le mois.

Le pays est confronté à "des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique", souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

- "Pression" -

La canicule touche les épreuves du baccalauréat. Mercredi et jeudi sont les jours d'épreuves de spécialités en terminale.

"Pendant les épreuves, c'est une pression supplémentaire de devoir gérer son énervement, son niveau de fatigue" reconnaît auprès de l'AFP Elina Hermann, une lycéenne de 18 ans qui passe mercredi son épreuve de SVT au lycée Saint-Exupéry, dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon.

Bermudas, T-shirts et vêtements amples, parfois courts ont été les uniformes des étudiants à l'entrée de cet établissement alors que la température abordait les 20°C vers 07H30.

Le ministre de l'Education, Edouard Geffray, a annoncé mardi que les oraux du bac pourraient être reportés localement, de "quelques heures ou de quelques jours". Dimanche, il avait déjà affirmé souhaiter qu'"aucun examen" ne se déroule les après-midi.

"On est dans l'impréparation la plus totale", dénonce pourtant François Tessier, professeur d'histoire-géographie dans un lycée de Vierzon (Cher) et président du Snalc Orléans-Tours, selon qui "on n'a rien ", excepté " quelques bouteilles d'eau" et " éventuellement un malheureux ventilateur par salle ".

Les fortes chaleurs ralentissent aussi l'activité économique, notamment la production d'électricité. EDF envisage ainsi des baisses de production dans deux centrales nucléaires de la région Auvergne/Rhône-Alpes, au Bugey (Ain) et à Saint-Alban (Isère), pour limiter le réchauffement du Rhône.

Sur les rails, plusieurs lignes de trains sont affectées. En prévision de pannes potentielles de climatisation, la SNCF a supprimé jeudi et vendredi plusieurs trains Intercités.

Dans le métro toulousain, la température monte. Laurie Boulbes lui préfère le tramway, climatisé, pour se rendre sur son lieu de stage dans la commune voisine de Blagnac. Pour cette étudiante en droit de 23 ans, en été la chaleur devient "étouffante" sous terre.

- "Travail important" -

Dans la nature, les oiseaux ou les petits mammifères peinent à réguler leur température quand la chaleur devient accablante. Et le printemps, "moment de l'élevage des jeunes", représente "une phase critique", souligne Grégoire Loïs, ornithologue au Museum national d'histoire naturelle.

"Un événement d'extrême thermique en septembre n'a pas le même impact qu'au mois de mai ou juin", remarque le scientifique.

Critiqué par l'opposition pour son "impréparation" lors du précédent épisode de chaleur, le gouvernement entend montrer sa mobilisation.

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, présente mercredi un "premier bilan" du Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), censé préparer la France à un réchauffement pouvant aller jusqu'à +4°C d'ici 2100.

"Dire que nous n'avons strictement rien fait, ce n'est pas exact" mais "on a un travail important à faire", a répondu la ministre, interpellée lors des questions au gouvernement à l'Assemblée.

Marion Fetet, chercheuse à l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE), dénonce pourtant "une incohérence de la part de l’État sur les financements à disposition pour l'adaptation" au changement climatique, quelques jours après l'annonce d'un gel de crédits touchant le Fonds vert.

K.Lykoudis--AN-GR