Athens News - Budget de la sécu: coups de pressions réciproques gouvernement-PS avant une semaine déterminante à l'Assemblée

Euronext
AEX 0.38% 943.37
BEL20 -0.05% 5036.86
PX1 0.29% 8122.71
ISEQ 0.43% 12836.29
OSEBX 0.08% 1609.67 kr
PSI20 -0.14% 8110.74
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK -1.28% 4395.28
N150 0.22% 3687.33
Budget de la sécu: coups de pressions réciproques gouvernement-PS avant une semaine déterminante à l'Assemblée

Budget de la sécu: coups de pressions réciproques gouvernement-PS avant une semaine déterminante à l'Assemblée

Appels au compromis et mises en gardes réciproques se succèdent entre le gouvernement Lecornu et le Parti socialiste autour du budget de la Sécurité sociale, qui revient en séance mardi à l'Assemblée nationale avec un vote prévu le 9 décembre, déterminant pour l'issue des discussions budgétaires.

Taille du texte:

Lundi midi, Sébastien Lecornu recevra les représentants du PS, dans le cadre des nouvelles concertations voulues par Matignon pour élaborer un compromis. Le temps presse: le projet de Budget de la Sécu (PLFSS) revient en séance mardi à l'Assemblée.

Ce texte est retourné dès samedi en commission au Palais-Bourbon, après avoir été largement modifié au Sénat, dominé par la droite et le centre. Revenant notamment sur la suspension de la réforme des retraites concédée par M. Lecornu aux socialistes en échange de sa non-censure.

A l'issue d'un examen express, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée a rejeté le texte, signe de la difficulté qui attend le gouvernement en séance. Les socialistes se sont abstenus sur le vote final, tandis que les commissaires Les Républicains (LR) ont voté contre. Et dans le bloc central, les députés Horizons hésiteront en séance entre vote contre et abstention, selon le président de la Commission des affaires sociales Frédéric Valletoux.

"Si le projet de loi de finances de la Sécu n'est pas adopté le 9 décembre prochain, on pourra tous constater l'échec des discussions parlementaires" et "je crois qu'à la fin, on est tous perdants", a mis en garde la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, dimanche sur LCI, évoquant "un budget de compromis qui vise à tenir un an, un an en attendant les élections présidentielles".

Un compromis avec qui ? Dans un entretien au Parisien, le président du groupe PS Boris Vallaud a pointé "une grande dispersion" dans les positions des partis composant le socle gouvernemental, "notamment LR et Horizons".

"Le gouvernement ne peut pas attendre des socialistes ce qu’il n'obtient pas de sa majorité", a prévenu M. Vallaud.

-"Incohérence" du PS ?-

Sans vote positif du PS, ce PLFSS "ne passera pas", a rétorqué Maud Bregeon. Et "je ne saurai pas expliquer aux Français que les socialistes ne votent pas favorablement" pour un texte "qui suspend la réforme des retraites. Il y a une forme d'incohérence derrière que, à mon avis, les Français auraient un peu du mal à comprendre", a-t-elle ajouté.

Quid du bloc central ? Aux réticents députés Horizons, le parti d’Édouard Philippe, "ce qu'on leur dit, c'est qu'on veut avec eux arriver à trouver des compromis qui permettent de maintenir ce déficit (de la Sécurité sociale) sous les 20 milliards d'euros", a déclaré Mme Bregeon.

Du côté de LR, le rapporteur général du Budget de l’État, Philippe Juvin, a "très envie", à ce stade, de ne pas voter le PLFSS. "Très défavorable" à la suspension de la réforme des retraites, le député des Hauts-de-Seine a "l'impression que ce n'est pas pour solde de tout compte et que tous les jours il y a une demande nouvelle des socialistes".

Dans ces conditions incertaines, Sébastien Lecornu doit-il revenir sur son abandon du 49.3 ? Même chez les socialistes, qui l'avaient exigé, l'idée fait son chemin, remise sur la table par François Hollande et pas formellement exclue par Boris Vallaud. Et même réclamée, côté LR, par Philippe Juvin.

Les gens "s'en fichent de la méthode", "ce qu'ils veulent c'est qu'on ait un budget", a jugé l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne sur Franceinter et Franceinfo.

Avantage du 49.3: il permet à un groupe d'opposition de ne pas voter pour un texte mais de se contenter de ne pas censurer le gouvernement. Il permet aussi à l'exécutif de contraindre une majorité réticente.

Sur le budget de l'Etat, le compromis parait plus incertain. Le Sénat poursuit son examen, jusqu'à la mi-décembre. Revenant méticuleusement sur la copie de l'Assemblée: samedi, la Chambre haute s'est notamment opposée à la surtaxe sur les entreprises, l'une des principales propositions du gouvernement qui en espérait quatre milliards d'euros de recettes.

F.Vasiliou--AN-GR