Paralysie en vue pour le ministère américain de la Sécurité intérieure
Le ministère américain de la Sécurité intérieure s'apprête vendredi à connaître une nouvelle paralysie budgétaire, en raison de l'échec de négociations entre démocrates et républicains sur la police de l'immigration (ICE) après les événements de Minneapolis.
"Donald Trump et les républicains ont décidé qu'il n'y avait aucun intérêt à garder l'ICE sous contrôle", a assuré vendredi le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, pour expliquer ce "shutdown" partiel.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a elle fustigé l'opposition, affirmant sur Fox News vendredi que "des raisons politiques et partisanes" étaient à l'origine du blocage, annoncé à partir de minuit dans la nuit de vendredi à samedi.
Dans les jours qui viennent, des milliers de fonctionnaires seront alors mis au chômage technique, tandis que des milliers d'autres, dont les fonctions sont considérées comme essentielles, devront continuer de travailler. Dans les deux cas, leur salaire ne sera pas versé jusqu'à ce que le Congrès s'entende sur un budget pour le ministère.
Mais alors que les démocrates disent refuser tout nouveau financement du ministère de la Sécurité intérieure (DHS) en raison des agissements de l'ICE, cette dernière pourra continuer d'opérer pendant la durée du blocage, en raison de fonds déjà approuvés l'an dernier par le Congrès.
- "Zéro impact" sur l'ICE -
Rare voix dans les rangs démocrates à s'opposer au "shutdown", le sénateur John Fetterman a souligné que la paralysie du DHS aura "littéralement zéro impact" sur la police de l'immigration.
Ce seront surtout d'autres agences du DHS qui seront concernées par le blocage, comme la Fema, chargée de la réponse aux catastrophes naturelles.
La TSA, responsable des contrôles de sécurité dans les aéroports, a elle averti sur X qu'un "shutdown" prolongé pourrait provoquer des pénuries de personnel avec "des conséquences notables aux aéroports notamment des retards, des délais d'attente plus longs, et des annulations de vols".
Pour approuver un nouveau budget du DHS, les démocrates exigent comme préalable que de profonds changements soient apportés à la manière dont l'ICE opère à travers le pays.
Ils exigent notamment la fin des patrouilles volantes, l'interdiction pour les agents de se dissimuler le visage, et l'obligation d'obtenir un mandat judiciaire avant l'arrestation d'un migrant.
Leur opposition aux pratiques de cette agence qui dépend du DHS n'a fait que s'amplifier après la mort à quelques semaines d'intervalle en janvier de Renee Good et d'Alex Pretti, deux Américains tués par balle par des agents fédéraux à Minneapolis.
Hakeem Jeffries a martelé vendredi que "les dollars des contribuables devraient être utilisés pour rendre la vie plus abordable pour les Américains, pas pour les brutaliser ou les tuer".
- "Négociations sérieuses" -
En raison des règles en vigueur au Sénat américain, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s'ils disposent de la majorité, ont donc besoin de l'appui de plusieurs élus de l'opposition pour adopter leur proposition de budget pour le DHS.
Face aux demandes démocrates, la Maison Blanche s'est dite prête à négocier et a envoyé une contre-proposition mercredi soir.
"La Maison Blanche s'est très investie dans des discussions et des négociations sérieuses avec les démocrates", a assuré Karoline Leavitt vendredi.
Le chef des républicains au Sénat, John Thune, a averti jeudi les membres de l'opposition qu'ils n'obtiendraient "jamais tous les souhaits sur leur liste".
Mais l'opposition a rejeté tout de go la proposition de l'exécutif, et l'échec des négociations signifie qu'à minuit samedi, le DHS entrera en situation de "shutdown".
Cette paralysie fédérale partielle sera alors la troisième depuis le début du second mandat de Donald Trump après celle de quelques jours début février, déjà autour de la question de l'ICE, et celle d'octobre-novembre dernier, qui avait battu un record de longévité avec 43 jours de blocage.
G.Karamanlis--AN-GR