L'OMS appelle à un plus grand soutien pour lutter contre l'épidémie d'Ebola en RDC
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé mardi à un renforcement de l'aide à tous les niveaux pour lutter contre l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, qui progresse plus vite que la riposte sanitaire.
Cette épidémie est désormais la plus importante épidémie d'Ebola jamais signalée en RDC.
"L'épidémie continue malheureusement de se propager à un rythme qui dépasse les capacités de réponse", a déclaré un porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, lors d'un point de presse à Genève.
"Nous avons besoin de davantage de soutien financier, mais aussi d'autres ressources pour renforcer tous les aspects de la riposte : les capacités de traitement, les équipes d'enquête sur le terrain, les équipes chargées des enterrements sûrs et les agents communautaire", a-t-il expliqué.
Déclarée officiellement le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard, la flambée actuelle est causée par le variant Bundibugyo, pour lequel il n'existe jusqu'à présent ni vaccin, ni traitement.
Elle frappe des régions où la présence de l'Etat est fragile et les infrastructures de santé largement démunies.
Un total de 3.802 cas confirmés, dont 1.707 décès, ont été signalés en RDC. Par ailleurs, 17.000 cas contacts font l'objet d'un suivi, dont plus de 80% de façon quotidienne.
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.
L'épidémie en cours s'est propagée au cours des deux derniers mois à cinq provinces (l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo). Mais 87% des cas ont été signalés dans l'Ituri.
M. Jasarevic a expliqué que la riposte sanitaire devait se concentrer sur les zones où le virus se propage actuellement et sur celles où il pourrait se propager ensuite.
Un vaccin présenté par l'OMS comme "le plus prometteur", le "rVSV Bundibugyo", va être développé par Hilleman Laboratories, basé à Singapour.
Par ailleurs, fin juillet, un premier volontaire a reçu la première dose d'un autre vaccin contre Bundibugyo, développé par l'université d'Oxford (Royaume-Uni), qui utilise la même technologie que le vaccin contre le Covid-19 d'AstraZeneca.
Et un autre vaccin, spécifiquement développé contre le virus de Bundibugyo par le géant pharmaceutique américain Moderna, "devrait "entrer très prochainement cette semaine en phase d'essai clinique de phase 1 au Canada", a indiqué lors du point de presse Vasee Moorthy, responsable de la Recherche et Développement à l'OMS.
Plusieurs initiatives visent également à tester rapidement des traitements contre la souche Bundibugyo, notamment les antiviraux remdesivir et obeldesivir, ainsi qu’un anticorps monoclonal appelé MBP134.
T.Karagounis--AN-GR