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Catastrophes climatiques: les pays riches doivent payer, dit un ministre népalais
Catastrophes climatiques: les pays riches doivent payer, dit un ministre népalais / Photo: Issam AHMED - AFP

Catastrophes climatiques: les pays riches doivent payer, dit un ministre népalais

Les pays riches doivent prendre en charge les coûts des catastrophes climatiques qui frappent de plein fouet les pays les moins responsables du réchauffement, a déclaré jeudi à l'AFP le ministre népalais des Affaires étrangères.

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Ce pays himalayen a subi l'une des pires catastrophes de son histoire à la fin du mois dernier, lorsqu'une inondation semblable à un tsunami, provoquée par l'effondrement d'un glacier de haute altitude à la frontière entre le Népal et la Chine, a semé la destruction sur son passage.

Plus de 1.400 personnes ont perdu la vie, et plus de 5.700 sont toujours portées disparues. Les dégâts économiques s'élèvent à plusieurs milliards de dollars.

"Ce que nous essayons de faire comprendre au monde, c'est que ces questions liées au changement climatique ne relèvent plus de la théorie", a affirmé le ministre Shisir Khanal, lors d'un entretien à la mission permanente du Népal, dans le cadre de la semaine de haut niveau des Nations unies.

"Elles deviennent une réalité, et la fréquence de ces catastrophes risque d'augmenter au cours des prochaines années, à mesure que la température augmente et que les glaciers fondent", a-t-il dit.

Les scientifiques de l'organisation World Weather Attribution (WWA) ont qualifié cet événement de "crise multi-factorielle", résultant à la fois d'une instabilité géologique locale et d'un réchauffement à long terme ayant entraîné le recul des glaciers et le dégel du pergélisol.

Or, le Népal, a relevé M. Khanal, ne contribue que de manière négligeable à la dégradation du système climatique mondial.

Plus de 90% de son électricité provient de l'hydroélectricité, plus de 70% des voitures neuves vendues sont électriques, et le pays ne contribue qu'à hauteur de 0,1% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.

"Alors pourquoi devrions-nous, nous qui n'avons en rien contribué à ce problème, en supporter seuls le fardeau", s'est-il insurgé.

- Coût de la reconstruction -

Le ministre népalais a indiqué que ses rencontres à New York avaient été fructueuses, les Etats-Unis ayant annoncé une nouvelle aide de 31 millions de dollars pour la reconstruction après les inondations.

Les pays du G7 ont promis de manière informelle leur soutien lors d'une réunion mercredi, a-t-il ajouté, et le Royaume-Uni s'est également engagé à apporter son aide.

L'ampleur des défis à relever reste toutefois considérable: selon les estimations préliminaires de son gouvernement, le coût de la catastrophe s'élève à 5 milliards de dollars.

Le Népal a sollicité 20 millions de dollars auprès du Fonds des Nations unies pour les pertes et les dommages, soit le montant maximal autorisé, mais une infime fraction de ses besoins.

La réponse apportée au pays sera scrutée de près car ce fonds, créé en 2022 à la suite des inondations catastrophiques au Pakistan, n'a toujours pas effectué son premier versement et souffre d'un grave déficit de financement.

M. Khanal a toutefois déclaré avoir été encouragé par l'aide financière et les équipes de secours envoyées par les pays voisins du Népal, ainsi que par la diaspora népalaise qui a versé de l'argent directement à un fonds de secours public rattaché au bureau du Premier ministre.

Auparavant, a-t-il expliqué, les Népalais préféraient faire des dons à des organisations internationales et à des associations locales à but non lucratif mais cela a changé depuis l'élection du nouveau Premier ministre Balendra Shah, un ancien rappeur arrivé au pouvoir grâce à un mouvement mené par la jeunesse.

Le Népal a désormais besoin d'une aide accrue de la part de la communauté internationale pour développer des systèmes plus complexes, notamment satellitaires, afin de surveiller le rythme de la fonte des glaciers et de fournir des alertes précoces, a affirmé le ministre.

I.Manolis--AN-GR