Athens News - Gymnastique: des "Farfalle" italiennes vont témoigner contre leur ex-coach au tribunal

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Gymnastique: des "Farfalle" italiennes vont témoigner contre leur ex-coach au tribunal
Gymnastique: des "Farfalle" italiennes vont témoigner contre leur ex-coach au tribunal / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP

Gymnastique: des "Farfalle" italiennes vont témoigner contre leur ex-coach au tribunal

Un défilé de "Farfalle" pour dénoncer une méthode d'entraînement: l'ancienne coach de l'équipe d'Italie de gymnastique rythmique, Emanuela Maccarani, va affronter un long procès et de nombreux témoins qui l'accusent de maltraitance sur mineures.

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Ce procès alimente les questions sur le traitement des jeunes athlètes alors que le pays accueille les Jeux olympiques à quelques kilomètres du tribunal de Monza (nord) où a comparu mardi Emanuela Maccarani pour une audience préliminaire.

La coach Maccarani, 59 ans, a hissé les "Farfalle" (ce qui signifie "Papillons", surnom donné aux gymnastes de l'équipe italienne) au sommet d'un sport traditionnellement dominé par des pays issus de l'ex-bloc soviétique.

Le procès s'appuie sur les révélations explosives faites il y a trois ans par deux gymnastes italiennes prometteuses, Nina Corradini et la double championne du monde Anna Basta, qui ont affirmé avoir abandonné leur sport encore adolescentes à cause de violences psychologiques exercées par Emanuela Maccarani.

Les avocats des gymnastes ont demandé à une série de championnes olympiques italiennes de témoigner, dont l'ex-capitaine des "Farfalle" Elisa Santoni mais aussi certaines des médaillées d'argent aux JO d'Athènes en 2004.

Emanuela Maccarani nie les accusations. Des violences, "il n'y en pas eu, je présenterai mes preuves, mes témoignages et ce procès permettra d'établir les faits", a lancé l'ex-entraîneure nationale mardi dans les couloirs du tribunal de Monza.

Cinq gymnastes qui se sont entraînées avec elle ont témoigné en sa faveur lors d'une précédente audience préliminaire en septembre dernier.

"On doit tracer la frontière entre des objectifs poursuivis avec sévérité, et ce qui peut avoir des conséquences disciplinaires, sinon plus", a commenté l'avocat d'Emanuela Maccarani, Federico Cecconi. "C'est une question qui concerne le monde du sport dans son ensemble".

- Changer la méthode -

L'ex-gymnaste Anna Basta, qui s'est constituée partie civile avec Nina Corradini, sera parmi les premières à témoigner lors de la prochaine audience le 10 juin. Le procès doit ensuite s'échelonner sur plusieurs mois.

"Nous sommes simplement ici pour dire la vérité", a déclaré Anna Basta à la sortie de l'audience. "On a essayé de nous monter les unes contre les autres entre athlètes (...) mais on doit se concentrer sur ce qu'ont été les violences, et qui les a commises".

"L'objectif est que la méthode change", a souligné auprès de l'AFP Vipsania Andreicich, l'avocate de Nina Corradini, qui étudie désormais la psychologie. "Qu'il n'y ait plus de situations comme la sienne, où elle a été contrainte à abandonner (sa carrière)".

Les "Farfalle" italiennes ont remporté des titres mondiaux et continentaux, ainsi que des médailles olympiques grâce notamment à Sofia Raffaeli, 3e du concours général des Jeux de Paris-2024.

Mais durant le règne de près de trois décennies d'Emanuela Maccarani au Centre national d'entraînement de l'équipe italienne à Desio, non loin de Monza, les journées commençaient par une pesée des gymnastes les unes devant les autres.

Souvent loin de leurs familles et à peine sorties de l'enfance, elles étaient vulnérables. Certaines prenaient des laxatifs et se pesaient de manière obsessionnelle.

Une championne du monde a rapporté avoir été réprimandée pour avoir mangé une poire.

L'affaire semblait close en septembre 2023 lorsqu'Emanuela Maccarani a reçu un simple avertissement du tribunal disciplinaire de la fédération de gymnastique du pays (FGI) et a été rétablie à la tête de l'équipe nationale.

Mais en mars 2025, la fédération de gym, avec pour nouveau président Andrea Facci, a licencié Emanuela Maccarani. L'explication officielle donnée à l'AFP au moment de son renvoi était que l'organisation souhaitait "ouvrir un nouveau cycle en vue des Jeux olympiques de Los Angeles 2028". L'entraîneure anime depuis des stages de gymnastique hors d'Italie.

Les soupçons d'abus dans la gymnastique ont suscité une attention croissante à la suite notamment d'un scandale de violences sexuelles à la fin des années 2010 qui a conduit à la condamnation de l'ancien médecin de l'équipe des Etats-Unis, Larry Nassar, pour avoir agressé des jeunes filles.

O.Karatzas--AN-GR