Ligue des champions: Chelsea, une défense si fragile
La fébrilité des gardiens de Chelsea a fait les gros titres ces derniers jours, masquant en partie les errements d'une défense parfois naïve, souvent indisciplinée, et qui devra gommer tous ses défauts mardi pour espérer renverser le PSG.
Battus 5-2 à l'aller, les Blues doivent marquer au moins trois fois en huitièmes de finale retour à Stamford Bridge, un scénario envisageable, mais ils doivent aussi arrêter d'encaisser des buts le temps d'une soirée, une hypothèse bien plus improbable.
En dix-sept matches avec Liam Rosenior, le club de l'ouest londonien n'a réduit les attaquants adverses au silence qu'à trois reprises, contre Brentford (2-0) en Premier League, les Chypriotes de Pafos (1-0) en Europe et Hull City (4-0) en Coupe d'Angleterre.
Ces trois "clean sheets" (matches sans but pris) s'intègrent même dans une série plus large de vingt-trois matches depuis mi-décembre, avec Enzo Maresca et l'entraîneur intérimaire Calum McFarlane également sur le banc.
Au Parc des Princes, les malheurs du gardien Filip Jörgensen ont éclipsé les fragilités plus larges de la défense. Samedi, elles sont apparues en grand durant la défaite contre Newcastle (1-0), sans que l'autre portier Robert Sanchez ne soit coupable.
Les visiteurs ont marqué sur leur premier tir cadré en profitant d'un empilement d'erreurs: placement défaillant des sentinelles Reece James et Moises Caicedo, puis mauvais alignement de la défense, en particulier de Trevoh Chalobah qui a couvert le centreur et laissé le buteur partir dans son dos, sans la moindre réaction.
"Le milieu de terrain de Chelsea s'est ouvert comme la mer Rouge", Tino Livramento "a effectué la plus simple des passes plein axe" vers Joe Willock qui, protégé du hors-jeu par Chabolah, a permis à Anthony Gordon de "pousser le ballon dans le but vide à bout portant", a résumé The Sunday Telegraph.
- "Pressing différent" -
Cette action a mis en lumière les maux habituels de la défense londonienne, entre désorganisation, manque de coordination et sautes de concentration.
Pourtant, en conférence d'après-match, Rosenior a pris le contre-pied des journalistes le questionnant sur ce trou d'air. "Notre pressing est différent de celui de la plupart des équipes. C'est une nouvelle façon de presser", a-t-il d'abord répondu.
La tactique a fonctionné pendant toute la rencontre, sauf une fois sur le but encaissé, a-t-il dit en substance.
"C'est grâce à notre pressing que Newcastle a été contraint d'envoyer des longs ballons devant et qu'on a contrôlé le match. Mais à ce moment-là, on a commis une erreur. On a l'impression qu'en ce moment, chaque erreur qu'on commet finit au fond de nos filets", a dit l'ex-entraîneur de Strasbourg, nommé en janvier pour succéder à Maresca.
Chelsea paie aussi probablement sa politique de recrutement déséquilibrée et parfois illisible, toujours très active sur le front de l'attaque mais bien moins en défense, gardien compris.
Face au Ballon d'or Ousmane Dembélé et ses complices, de Bradley Barcola à Désiré Doué en passant par Khvicha Kvaratskhelia, il semble difficile de voir ces Blues résister.
Le 3-0 espéré pour arracher une prolongation, a minima, a cependant déjà été réalisé par le club anglais dans un passé récent: en juillet dernier, contre le PSG en finale de la Coupe du monde des clubs, et fin novembre contre le FC Barcelone à Stamford Bridge.
Dans ce dernier match, les Blues avaient profité du carton rouge de Ronald Araujo, avant la mi-temps, et d'une performance tournée vers l'attaque, avec Estevao en vedette.
L'ailier international brésilien de 18 ans a manqué les six derniers matches de Chelsea à cause d'une blessure musculaire. Mais il était présent au début de l'entraînement, lundi.
Si la meilleure défense, c'est l'attaque, alors les Blues conservent un mince espoir.
M.Papanikolaou--AN-GR