Le musée M24 du Mans, nouvel antre du sport automobile
"Des tableaux sur quatre roues ": un nouveau musée ouvre au Mans avec l'ambition de devenir la référence mondiale du sport automobile grâce une centaine de voitures de légende exposées, retraçant plus d'un siècle de courses.
Inauguré en grande pompe mercredi soir en présence de l'ex-tennisman Rafael Nadal ou encore de l'acteur Tomer Sisley, l'écrin baptisé M24 a de quoi impressionner les plus grands aficionados de courses automobiles.
Sur près de 9.000 m2 s'alignent des bolides parmi les plus légendaires, de la Bentley victorieuse des 24 Heures du Mans en 1924 à la Ferrari F2002 de la légende de la Formule 1 Michael Schumacher, mis en scène dans un parcours immersif.
Construit aux abords du célèbre circuit sarthois, sur le site de l'ancien musée des 24 Heures autrefois limité aux voitures ayant couru l'épreuve, le M24 présente désormais une trentaine de F1, des voitures de rallye ou encore d'IndyCar, élargissant son récit à des disciplines qui ont façonné le sport automobile.
Ville intimement liée à la course, "Le Mans était légitime pour créer ce qui n'existe pas aujourd'hui, un musée capable de parler de la grande histoire du sport", explique son directeur Fabrice Bourrigaud.
"C'est au Mans, rappelle-t-il, qu'on a imaginé la première course moderne des sports mécaniques, il y a 120 ans".
- Parrainé par Lewis Hamilton -
Dans cet antre, qui a nécessité près d'un an de travaux, la scénographie plonge d'emblée les visiteurs - dont les premiers étaient attendus jeudi matin - dans la vie de la "ronde infernale" du Mans.
Mise en scène d'un départ de course au milieu d'une dizaine d'anciennes voitures authentiques, matériauthèque permettant de toucher des volants d'époque, réplique de stands et du podium... "Il fallait faire ressentir des émotions et des sensations", souligne Fabrice Bourrigaud.
L'une des salles fait la part belle à la course de nuit et embarque les visiteurs au plus près des sensations des pilotes, plongés dans la torpeur nocturne, parfois sous la pluie, grâce à deux écrans géants diffusant des images de synthèse.
Un peu plus loin, des IndyCar — le championnat américain de monoplaces — débouchent sur une vaste salle où trônent plusieurs dizaines de Formule 1. A elles seules, elles déroulent plus de 70 ans d'histoire, de Juan Manuel Fangio à Alain Prost, en passant par Ayrton Senna ou Lewis Hamilton.
Ce dernier est d'ailleurs le parrain du musée, ajoutant une touche contemporaine et un pont entre générations.
"C'est quelqu'un qui, aujourd'hui, parle aux jeunes et aux aficionados de la course automobile. Alors, certes, il n'a jamais fait les 24 Heures du Mans, mais (compte) sept titres de champion du monde" en F1, rappelle Fabrice Bourrigaud.
- Collection hors norme -
"Le M24 sera à la fois un outil de transmission de la passion des sports mécaniques et un conservatoire de l'histoire de notre sport", note Pierre Fillon, président de l'ACO, l'Automobile Club de l'Ouest, organisateur des 24 Heures du Mans.
Le public pourra ainsi découvrir 18 Ferrari et 12 Porsche authentiques, la Citroën du multi-champion du monde des rallyes Sébastien Loeb, mais aussi huit des voitures ayant gagné la célèbre course mancelle.
Au total, le musée dispose d'une réserve de 500 voitures, appelées à tourner pour renouveler le parcours.
D'où vient une telle collection ? "Certaines voitures appartiennent à l’ACO, d'autres ont été prêtées par des constructeurs ", explique Pierre Fillon. Et "une bonne moitié " provient de la collection personnelle de Richard Mille, patron français de la marque d'horlogerie suisse qui porte son nom, et figure incontournable du sport automobile.
Le musée expose également des pièces emblématiques: une combinaison d'Alain Prost, un volant de Michael Schumacher, ou encore le casque et la combinaison Ferrari de Lewis Hamilton, autant de reliques qui rappellent la grande histoire du sport.
Le M24 table sur 300.000 visiteurs par an. Un pari ambitieux, alors que la 94e édition des 24 Heures du Mans s'apprête à faire vibrer la Sarthe les 13 et 14 juin — et offrir au musée sa première montée en régime.
G.Makropoulos--AN-GR