Propos contre le maire de Saint Denis: "insupportables et indignes" pour Bergé
La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé a qualifié vendredi "d'insupportables et indignes" les propos contre le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko.
"Ce qui se passe est absolument intolérable et ça devrait révolter chaque Français et chaque républicain dans notre pays", a dit la ministre déléguée sur France Télévisions une semaine après les propos à l'encontre du maire Bally Bagayoko.
"Je n'ai pas une indignation à géométrie variable, peu importe que ce soit des élus de la France insoumise. Ce sont des élus de la République, ce sont des femmes et des hommes qui sont mis en cause du fait de leur couleur de peau. Ça s'appelle du racisme, c'est insupportable", a-t-elle poursuivi.
Vendredi dernier, lors d'un débat sur CNews consacré aux premiers jours de mandat de Bally Bagayoko, le présentateur a demandé si le maire de cette commune de Seine-Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris, "essay(ait) de pousser les limites".
"Sûrement qu'il y a un peu de ça. Maintenant, c'est important de rappeler que l'homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu, nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus, il y a un chef qui a pour mission d'installer son autorité", a répondu le psychologue Jean Doridot en plateau.
Le lendemain, la chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré s'est de nouveau trouvée au cœur d'une polémique, après des propos du philosophe Michel Onfray prêtant à Bally Bagayoko une attitude de "mâle dominant" pour avoir appelé à faire "allégeance" après son élection.
Une enquête a été ouverte pour "injure publique" à caractère raciste suite au dépôt d'une plainte par M. Bagayoko. Une seconde enquête a également été ouverte pour le cyberharcèlement dont l'élu a été victime sur le réseau social X "en raison de sa couleur de peau", suite à cette émission "100% politique", a indiqué le parquet de Paris.
CNews a dit "(contester) formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus" sur son antenne. La direction a estimé auprès de l'AFP que les propos de Jean Doridot avaient été "délibérément déformés sur les réseaux sociaux, alimentant une polémique infondée". M. Onfray a dénoncé sur X un "faux procès" que lui intenterait LFI.
Vendredi soir, la chaîne a diffusé un court documentaire intitulé "Accusations de racisme - La fabrique de l'intox", démontant "une campagne alimentée par les médias et les politiques" selon CNews.
Les auteurs y ont dénoncé une "polémique mensongère" visant à "déstabiliser" la chaîne, à un an de la présidentielle. Le "rôle prépondérant joué par le service public audiovisuel" a été pointé, alors que les médias de la sphère Bolloré et l'audiovisuel public sont en lutte depuis plusieurs mois.
E.Venizelos--AN-GR