Jordanie: arrestation de suspects et frappes meurtrières en Syrie après l'attaque contre une église
La Jordanie a annoncé avoir arrêté lundi trois suspects et mené des frappes contre des "repaires d'organisations terroristes" en Syrie, après une attaque meurtrière contre une église du royaume vendredi.
Ces frappes, menées dans le sud de la Syrie, ont "détruit plusieurs positions terroristes" et tué et blessé "de nombreux membres" de ces organisations liées, selon l'armée jordanienne, aux auteurs de cette attaque sans précédent contre les chrétiens du royaume.
L'agence de presse officielle syrienne Sana a fait état en soirée de cinq civils tués, dont des femmes et des enfants, dans les frappes jordaniennes, dans la province de Deraa, citant des autorités sanitaires locales.
En Jordanie, neuf personnes ont été tuées et 25 blessées, après que des hommes armés ont fait irruption vendredi dans l'enceinte de l'église grecque-orthodoxe Saint-Georges du village de Hammoud (sud), et ont ouvert le feu lors de funérailles, selon la police. Les autorités étaient depuis à la recherche des assaillants qui avaient pris la fuite.
Les forces de sécurité ont arrêté tôt lundi trois suspects, tous membres d'une même famille, le roi Abdallah II réaffirmant sa fermeté envers ceux qui défendent des "idéologies obscurantistes".
Les trois suspects, qualifiés de "terroristes", ont été arrêtés dans une maison abandonnée du gouvernorat de Karak, dont dépend Hammoud, où ils s'étaient retranchés.
Blessés dans des échanges de tirs avec les forces de l'ordre lors de leur arrestation, ils ont été hospitalisés.
Des armes et "une importante quantité de munitions" ont été saisies à leur domicile, a précisé le reponsable.
"Nous avons arrêté les assassins, nous examinons toutes les circonstances poussant des jeunes vers l'extrémisme, et nous tiendrons pour responsables tous ceux dont l'implication sera établie", a commenté le ministre de l'Intérieur Mazen Al-Faraya sur X.
Selon lui, "rien n'indique qu'ils aient eu des contacts avec l'extérieur ou collaboré avec des parties étrangères".
- "Idéologies obscurantistes" -
Dénonçant un "attentat terroriste", le roi Abdallah II avait promis vendredi que les auteurs seraient soumis aux peines "les plus sévères".
"Nous avions promis que les terroristes n'échapperaient pas à la justice et qu'aucun défenseur d'idéologies obscurantistes divisant les Jordaniens ne serait toléré", a écrit le monarque dans un nouveau message sur X.
Affichant la même inflexibilité, le ministre chargé de la Communication gouvernementale, Mohammad al-Momani, a assuré que les autorités étaient "prêtes à frapper d'une main de fer, sans pitié ni indulgence, quiconque tenterait de porter atteinte à la sécurité de la Jordanie".
"Ce pays doit rester un oasis de sécurité et de stabilité", a également insisté le chef de la Sécurité publique.
En Jordanie, le meurtre est passible de la peine de mort par pendaison.
Le gouvernorat de Karak, qui compte environ 375.000 habitants, abrite une importante communauté chrétienne. Les chrétiens représentent environ 3% de la population jordanienne, qui compte près de 11 millions d'habitants, majoritairement sunnites.
Le royaume a décrété trois jours de deuil national à compter de vendredi, avec les drapeaux mis en berne sur les bâtiments gouvernementaux et les institutions publiques.
Huit des neuf victimes ont été inhumées dimanche près de l'église, lors de funérailles qui ont rassemblé une foule nombreuse sous un important dispositif de sécurité, selon des images de l'AFP.
La neuvième victime, Mohammed al-Qasous, devait être enterrée lundi, a indiqué sa famille.
G.Papazoglou--AN-GR