Wall Street ouvre en légère hausse, espère des discussions entre Washington et Téhéran
La Bourse de New York évoluait en petite hausse lundi, les investisseurs voulant croire aux propos de Donald Trump évoquant des "discussions sérieuses" avec l'Iran, alors que Wall Street souffre des effets de la guerre depuis son déclenchement.
Vers 14H00 GMT, le Dow Jones prenait 0,44% et l'indice élargi S&P 500 glanait 0,22%. L'indice Nasdaq était proche de l'équilibre (+0,02%).
"Les récentes déclarations" du président américain ont fait souffler un vent "d'optimisme matinal" sur la place américaine, résument les analystes de Briefing.com.
Lundi, avant l'ouverture, Donald Trump a déclaré que "les États-Unis d'Amérique (étaient) en discussions sérieuses avec UN REGIME NOUVEAU, ET PLUS RAISONNABLE, afin de mettre fin" aux "opérations militaires en Iran", sur son réseau Truth Social.
"Le marché attend désespérément une issue à cette guerre", remarque auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management. "Il est donc très sensible à toute bonne nouvelle."
D'autant que le Nasdaq et le Dow Jones sont désormais en situation de correction, ce qui signifie qu'ils ont perdu plus de 10% par rapport à leur dernier sommet.
"La question que tout le monde se pose est la suivante: quelle sera l'ampleur des dégâts avant que l'on ne se décide enfin à sortir du conflit?", interroge Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Le président américain ne cesse de souffler le chaud et le froid, sur la suite des opérations militaires comme sur d'éventuels pourparlers avec les Iraniens.
Dans son message posté sur Truth Social lundi, Donald Trump a ainsi menacé l'Iran d'anéantir l'île de Kharg, un site pétrolier iranien essentiel, si le détroit d'Ormuz n'est pas rouvert et si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement".
"Chaque jour, les marchés ouvriront et tenteront de déterminer où nous en sommes dans le conflit avec l'Iran et ce que cela implique pour les prix de l'énergie", résume Art Hogan.
Car l'impact de la guerre sur l'inflation et la croissance continue d'inquiéter les investisseurs, alors que les prix du pétrole poursuivent leur flambée.
Le West Texas Intermediate (WTI), référence du brut aux Etats-Unis, a franchi à nouveau le seuil des 100 dollars. Le baril de Brent de la mer du nord s'échangeait lui vers 14H00 GMT à 115,19 dollars (+2,33%).
Avant le conflit, ils évoluaient autour des 60 dollars le baril.
Sur le marché obligataire, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain tombait à 4,36% contre 4,43% à la clôture vendredi.
Cette baisse "laisse entrevoir un possible glissement des préoccupations liées à l'inflation vers celles liées à la croissance", remarquent les experts de Briefing.com.
Côté entreprises, le géant pétrolier ExxonMobil (+2,08% à 174,55 dollars) continuait de profiter de la hausse de prix du brut, de même que Chevron (+1,17%) ou ConocoPhillips (+0,53%).
Le titre du producteur américain d'aluminium Alcoa s'envolait de 10,22% à 64,38 dollars alors que le prix du métal monte lundi, au lendemain d'attaques contre deux des des plus importantes fonderies mondiales dans le Golfe.
Malgré un rebond du bitcoin, les valeurs liées au secteur des cryptomonnaies continuaient d'être malmenées, à l'image de la plateforme d'échange Robinhood (-0,10%) ou du "mineur" (créateur de monnaie numérique) Riot Platforms (-2,11%).
C.Katsaros--AN-GR