Les marchés mondiaux sous pression face à la hausse du pétrole et des taux
Les marchés mondiaux entament septembre sous pression, entre la flambée du pétrole liée au regain de tensions au Moyen-Orient, la forte remontée des rendements obligataires et les craintes d'un durcissement monétaire des grandes banques centrales.
"Septembre débute sur une note baissière, alors qu'une nouvelle hausse des prix du pétrole continue d'alimenter les anticipations d'inflation", commente Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.
Le regain de tensions entre les États-Unis et l'Iran contribue "à reconstituer une partie de la prime de risque sur le pétrole, ravivant les inquiétudes quant aux conséquences d'une hausse des prix de l'énergie à la fois sur la croissance et sur l'inflation", explique Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com.
Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse.
Deux pétroliers ont été touchés par "des projectiles d'origine inconnue" alors qu'ils sortaient du détroit d'Ormuz, d'après l'agence maritime grecque Marisks, "ce qui renforce les craintes liées à l'offre" de pétrole, souligne Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Les prix du pétrole réagissent logiquement à la hausse. Vers 15H45 GMT, le baril de Brent s'échangeait à 92,49 dollars (+2,21%) et son équivalent américain, le WTI gagnait 2,67% à 88,05 dollars le baril.
- Les taux d'intérêts flambent -
"La hausse des prix du pétrole est en partie responsable de l'augmentation des rendements observée mardi", relève Kathleen Brooks.
Le rendement de l'emprunt à 10 ans pour la France a touché un nouveau plus haut depuis 2008, comme au Royaume-Uni, et un sommet depuis 2011 en Allemagne. Au Japon, le taux à 10 ans a grimpé au plus haut depuis 1996.
Vers 15H45, l'emprunt à 10 ans français s'affichait à près de 4,20% contre 4,17% lundi à la clôture, et le Bund allemand évoluait à 3,34% environ contre 3,32% la veille. Au Royaume-Uni, il touchait 5,21% contre 5,06% à la dernière clôture.
L'inflation a d'ailleurs grimpé en août à son niveau le plus élevé depuis trois ans au sein de la zone euro, en raison de la remontée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient, confortant les attentes d'un nouveau tour de vis de la Banque centrale européenne (BCE) la semaine prochaine.
Avec le Japon et la BCE, "on est sur au moins deux grosses banques centrales sur trois qui vont probablement augmenter leurs taux" en septembre, souligne Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
La grande inconnue reste la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed). La probabilité d'une hausse de taux a nettement augmenté après le discours de son patron Kevin Warsh à Jackson Hole. Mais "les probabilités sur les taux de la Fed évoluent très rapidement", tempère M. Baradez.
Les rendements américains à long terme restent également à des niveaux "historiquement élevés et ont progressé la semaine dernière malgré l'élargissement du programme de rachats de dette du Trésor américain", note Daniela Hathorn.
Aux Etats-Unis, le rendement de l'emprunt à 10 ans s'établissait à 4,76% vers 15H45 contre 4,75% lundi à la clôture.
- Les actions dans le rouge -
"La chute des marchés obligataires souverains détériore le sentiment à l'égard des actions", souligne Kathleen Brooks.
Les marchés européens ont terminé en nette baisse. La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,39%, Francfort a perdu 1,10%, Londres 0,32% et Milan a reculé de 1,33%.
"La concurrence croissante pour l'accès au capital continue de soutenir les rendements obligataires, créant un environnement moins favorable pour les actions aux valorisations élevées", rappelle Daniela Hathorn.
A New York, vers 15H45 GMT, le Dow Jones cédait 0,38%, l'indice Nasdaq reculait de 0,52% et l'indice élargi S&P 500 perdait 0,33%.
En Asie, le géant chinois de la mode ultra-éphémère Shein a connu un début sans éclat à la Bourse de Hong Kong.
Shein a finalement terminé quasi à l'équilibre (-0,12%) pour sa première séance, ce qui suggère "que la +fast fashion+ est, pour l'instant, passée de mode", d'après Kathleen Brooks.
L.Kyritsis--AN-GR