Sous pression avant les élections, Trump réduit les taxes sur du boeuf importé
Donald Trump a annoncé vendredi la suspension des taxes sur l'importation de 300.000 tonnes de boeuf aux Etats-Unis dans les 90 prochains jours, avec le souhait affiché de faire baisser le prix de ce produit à l'approche des élections législatives de mi-mandat.
Les Etats-Unis sont parmi les plus gros consommateurs de boeuf au monde, avec un peu plus de 23kg par habitant en 2025, selon les données de l'OCDE.
Mais les prix de cette viande se sont envolés depuis la pandémie de Covid-19, passant de moins de 4 dollars la livre (un peu moins de 500g) début 2021 à près de 6,90 dollars en juillet cette année, d'après les données de la Réserve fédérale américaine (Fed). Sur un an, la hausse est proche de 10%.
Les prix reflètent les tensions sur l'offre, avec un cheptel au plus bas depuis les années 1950, mais également une hausse des coûts, notamment de l'énergie, des intrants et du transport, qui pèsent sur les finances des agriculteurs américains.
Sans même parler des conséquences des événements climatiques, alors que la sécheresse persistante ces dernières années dans les principaux Etats américains producteurs vient compliquer l'alimentation des troupeaux.
"Alors que nous nous efforçons de reconstituer ce troupeau et de soutenir nos éleveurs, pendant les 90 prochains jours, les États-Unis autoriseront l'importation de jusqu'à 300.000 tonnes de produits destinés au boeuf haché, sans droits de douane hors quota", a donc soutenu le président américain sur sa plateforme Truth Social vendredi.
Le pouvoir d'achat est l'une des principales préoccupations des Américains à moins de trois mois des élections de mi-mandat, prévues en novembre.
Donald Trump a affirmé que la viande importée serait vendue "à un prix inférieur de 25% aux prix actuellement pratiqués sur le marché".
- Multiplication des mesures -
Le président américain n'a toutefois pas précisé les pays d'où elle proviendrait.
Le boeuf fait partie des produits pour lesquels le gouvernement américain tente de réduire le coût en faveur des Américains.
Il a ainsi d'ores et déjà pris un certain nombre de mesures en ce sens, en exemptant par exemple fin juillet le boeuf brésilien de la liste des produits importés aux Etats-Unis depuis le pays sud-américain et soumis aux 25% de droits de douane pour "pratique commerciale déloyale".
Toujours fin juillet, le ministère américain de l'Agriculture (USDA) avait annoncé la reprise prochaine des importations de bétail mexicain, plus d'un an après la suspension provoquée par une discorde sur la lutte contre un parasite.
Le Mexique a exporté un peu plus d'un million de têtes chez son voisin en 2024, selon les estimations des deux gouvernements.
En début d'année, Donald Trump avait également signé un décret favorisant l'entrée de davantage de boeuf argentin dans le pays, augmentant les quotas d'importation "à droits de douane nuls".
Mais c'est surtout vers les mastodontes de la viande que Donald Trump a accentué la pression, depuis plusieurs mois, les accusant de pratiques anticoncurrentielles pénalisant à la fois les éleveurs et les consommateurs américains.
Le Département de la Justice a ainsi lancé fin 2025 une enquête sur le sujet contre les quatre principales entreprises du secteur, qui contrôlent 85% du marché: JBS, Cargill, Tyson Foods et National Beef.
La secrétaire à l'Agriculture, Brooke Rollins, n'avait pas manqué pour l'occasion de rappeler que ces entreprises étaient "soit détenues par des intérêts étrangers", des investisseurs brésiliens dans le cas de JBS et National Beef, "soit soumises à un contrôle étranger significatif".
K.Papadimitriou--AN-GR