BFMTV : passe d'armes entre Mabrouk et deux syndicats qui l'accusent de complaisance avec l'extrême droite
"Je ne me laisserai pas salir", a vivement répondu vendredi sur le réseau social X la journaliste Sonia Mabrouk, recrue estivale de BFMTV, à deux syndicats de la chaîne qui l'ont à nouveau accusée de "clémence vis-à-vis de l'extrême droite".
"Le journalisme, c'est le pluralisme. Il faudra s'y habituer. Votre hémiplégie politique et démocratique est déshonorante a fortiori en pleine campagne présidentielle", a tonné la journaliste.
La veille, dans un communiqué commun, le SNJ (Syndicat national des journalistes) et la CGT du groupe RMC BFM avaient jugé que "le plateau de Mme Mabrouk donne la part belle aux intervenants d'extrême droite".
Selon ces syndicats, "sur la tranche de Sonia Mabrouk, ils représentent une proportion de 25,5% sur la période du 24 août au 8 septembre (contre 11,8% chez Alain Marschall et Olivier Truchot, et 4,6% chez Apolline de Malherbe)", autres figures du groupe audiovisuel.
Les syndicats accusent aussi la journaliste d'avoir permis à Sarah Knafo (Reconquête!) de "dérouler son argumentaire au sujet des Français +de souche+ en opposition aux Français +de branche+", et d'avoir laissé Bruno Retailleau (LR) "établir un lien hasardeux entre les députés Insoumis et islamisme".
"Quel renoncement collectif que de laisser dérouler des théories racistes et xénophobes sur nos antennes sans contradiction ou presque", concluent les deux syndicats, en visant la direction.
Sonia Mabrouk, qui présente l'émission quotidienne "100% Mabrouk" de 18h45 à 21h00, est arrivée fin août à BFMTV en provenance de la chaîne concurrente CNews. Cette dernière, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, est accusée par la gauche de promouvoir les idées d'extrême droite, ce dont elle se défend.
Après ses débuts, le SNJ et la CGT du groupe RMC BFM avaient déjà accusé son émission d'être "un défilé de personnalités d'extrême droite", et la société des journalistes (SDJ) de BFMTV s'était dite inquiète pour "l'équilibre des plateaux".
La direction s'était dite "ravie d'accueillir Sonia Mabrouk" et avait assuré avoir "toute confiance en elle pour faire vivre le débat dans sa pluralité, fidèle à l’ADN de la chaîne".
H.Christodoulou--AN-GR