Dette: "pas de craintes sur le financement de l'Etat", indique le gouverneur de la Banque de France
La dette française est "très attractive" et "il n'y a pas de craintes sur le financement de l'Etat" malgré des taux d'intérêts au plus haut depuis 2008, a affirmé mardi le gouverneur de la Banque de France.
"On a des taux d'emprunt qui sont élevés, qui sont les plus élevés depuis 2008, mais il y a eu des années avant 2008", a indiqué Emmanuel Moulin lors d'un point de presse, soulignant que "dans les années 90, on empruntait autour de 10%".
"Aujourd'hui, ce que nous constatons sur le marché de la dette française, c'est qu'il n'y a pas de difficultés de l'Agence France Trésor pour lever des fonds. La dette française est très attractive et les investisseurs achètent nos titres, demandent plus de titres que ce que nous offrons et donc il n'y a pas de craintes sur le financement de l'État", a-t-il ajouté à l'issue d'une réunion du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), qui réunit notamment le ministère de l'Economie et la Banque de France.
Le ministre de l'Economie Roland Lescure a fait état de "tensions sur les taux d'intérêt mondiaux", lors du même point presse.
"Depuis un an, les taux d'intérêt ont monté de 80 points de base en Allemagne, d'un peu plus de 90 points de base en France, de 100 points de base aux États-Unis. C'est une hausse des taux d'intérêt mondiale importante qui affecte évidemment les perspectives économiques et financières", a-t-il dit.
Concernant le marché de la dette, "85% du programme des émissions a été complété à date et sans aucun problème pour émettre cette dette, mais avec des taux d'intérêt évidemment plus élevés qu'ils ne l'ont été", a souligné le ministre de l'Economie.
"La charge de la dette est trop élevée", a-t-il ajouté. "Il faut qu'on la réduise de manière à pouvoir financer les investissements d'avenir dont on a tant besoin".
En France, le rendement de la dette à dix ans atteint mardi matin 4,53%, contre 4,47% la veille en clôture, un niveau inédit depuis 2008. Son équivalent allemand, référence en Europe, se hisse à 3,56%, contre 3,51% lundi soir, au plus haut depuis 2009.
Le "spread", l'écart entre les deux, se creuse à 0,97 point de pourcentage, contre 0,85 au début du mois de septembre, signe que la défiance envers la dette hexagonale s'accroît, avant un débat pour l'adoption du budget 2027 qui s'annonce tendu et à quelques mois de l'élection présidentielle.
L.Kyritsis--AN-GR