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Aleksandar Vucic, longtemps maître de la politique serbe et désormais contesté
Aleksandar Vucic, longtemps maître de la politique serbe et désormais contesté / Photo: SASA DJORDJEVIC - AFP/Archives

Aleksandar Vucic, longtemps maître de la politique serbe et désormais contesté

Issu de l'ère Milosevic et figure dominante de la politique serbe depuis quatorze ans, le nationaliste Aleksandar Vucic a longtemps eu réponse à tout, avant de voir son pouvoir dangereusement contesté par la rue.

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Pour ses partisans, ce géant de 1m99, âgé de 56 ans, représente un patriotisme et une stabilité bienvenus dans une Serbie meurtrie par l'isolement international ayant suivi les guerres de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.

Mais le mouvement étudiant dénonce sa dérive autoritaire, son contrôle médiatique et la corruption de son Parti progressiste serbe (SNS). Après deux années de manifestations, il veut désormais en découdre dans les urnes dimanche.

Peu avant de donner sa démission comme président fin septembre, pour mener campagne dans l'espoir de garder le pouvoir au poste de Premier ministre après avoir remporté les législatives, M. Vucic s'est présenté en "serviteur fidèle", toujours prêt au "combat".

Né à Belgrade le 5 mars 1970, il apparaît sur la scène politique serbe comme ministre de l'Information de l'ex-homme fort yougoslave Slobodan Milosevic en 1998, au sein du Parti radical serbe, ultranationaliste et proche des dirigeants politiques et militaires serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic.

En 2008, il se repositionne en conservateur pro-européen avec le SNS fraîchement créé. Après 2012, il devient vice-Premier ministre et ministre de la Défense, avant d'accéder au poste de Premier ministre en 2014, puis à la présidence en 2017.

Un recentrage sans prise de distance avec les Serbes impliqués dans les atrocités, comme l'a rappelé la tenue, le mois dernier à Belgrade, d'une grande cérémonie funéraire en hommage à Ratko Mladic.

Cet ancien chef militaire des forces serbes de Bosnie avait été condamné à la perpétuité par la justice internationale pour son rôle dans les crimes commis pendant le conflit.

- "Paysage de grues" -

Aleksandar Vucic soutient l'intégrité territoriale de l'Ukraine, sans se joindre aux sanctions contre la Russie votées par l'Union européenne.

Il dit défendre les intérêts serbes au Kosovo et a fortement accru les dépenses militaires, au cours de la dernière décennie.

Sur les chaînes proches du gouvernement et les réseaux sociaux, il cultive l'image d'un dirigeant attirant sans relâche les investissements, qu'ils soient russes, chinois, américains ou allemands, pour créer des emplois.

De la nouvelle tour en verre dominant Belgrade dans un quartier rutilant, aux nombreux projets immobiliers en cours, il se réjouit de vivre dans un "paysage de grues", aux infrastructures en développement et au niveau de vie en hausse.

Mais lorsqu'en 2024, un auvent en béton de la gare fraîchement rénovée de Novi Sad, deuxième ville du pays, s'effondre et tue 16 personnes, les accusations de corruption déclenchent une explosion de colère d'une partie de la population.

Des manifestations menées par des étudiants, réclamant des enquêtes transparentes, font descendre des centaines de milliers de personnes dans la rue, constituant les plus grandes protestations depuis l'ère Milosevic.

À mesure que les revendications se transforment en appels à des législatives anticipées, les blocages universitaires sont accusés d'être orchestrés par des mains étrangères.

Des fidèles montent la garde devant le palais présidentiel, puis les protestataires subissent intimidations et violences.

Début septembre, M. Vucic finit par convoquer des élections.

Mi-octobre, lors de son premier grand rassemblement à Novi Sad depuis deux ans, il jure que "tout cela prendra fin" dimanche, avec sa réélection.

L.Konstantinou--AN-GR