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Macron baptise la première promotion du nouveau service national du nom d'un résistant fusillé à 16 ans
Macron baptise la première promotion du nouveau service national du nom d'un résistant fusillé à 16 ans / Photo: Thomas SAMSON - POOL/AFP/Archives

Macron baptise la première promotion du nouveau service national du nom d'un résistant fusillé à 16 ans

"Soyez digne de la confiance qui vous est faite" : Emmanuel a baptisé mardi la première promotion de volontaires du nouveau service militaire national du nom de Henri Fertet, résistant fusillé à l'âge de 16 ans en 1943, en hommage à "ces héros qui ont contribué à sauver la France".

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"Le choix qu'il fit, celui de servir la France et de défendre sa liberté, fait écho à votre engagement", c'était "le choix de servir plutôt que subir", a lancé le chef de l'Etat devant des volontaires de l'Armée de l'Air sur la base aérienne 115 à Orange (Vaucluse), ajoutant que chacune des promotions porterait désormais "le nom d'un compagnon de la Libération".

Henri Fertet est né le 27 octobre 1926, il était lycéen à Besançon, un "élève intelligent et appliqué", "passionné d'histoire et d'archéologie", et "dès l'été 1942, rejoignit la Résistance", a-t-il rappelé.

Il participa à trois opérations, dont l'attaque d'un commissaire des douanes allemand, avant d'être arrêté, "torturé durant 87 jours", condamné à mort et fusillé le 26 septembre 1943 par les Allemands.

Ce service volontaire, qui signe l'enterrement du service national universel (SNU) cher au président, est l'un de ses derniers gros chantiers de sa fin de mandat, lancé symboliquement avant qu'il ne quitte l'Elysée au printemps.

- "Des Français heureux" -

Au moment où l'Europe est confrontée à un conflit à ses portes avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ce service annoncé en novembre par Emmanuel Macron est présenté comme un moyen de renforcer le lien entre la nation et les armées, mais aussi comme une réponse aux besoins militaires face aux menaces, même si les jeunes recrues n'ont pas vocation à rejoindre les zones de conflit.

"Dans sa dernière lettre à ses parents, Henri Fertet écrivait +je veux une France libre et des Français heureux+. Des mots simples qui nous rappellent que si la liberté est le legs des générations qui nous ont précédés, il nous revient de la préserver", a souligné Emmanuel Macron.

Les 1.038 compagnons de la Libération, membres de l'ordre de la Libération créé par le général de Gaulle pour récompenser les héros de la libération de la France durant la Seconde Guerre mondiale, comptaient une "centaine" de jeunes de moins de 20 ans, a-t-il rappelé.

En 2007, Nicolas Sarkozy avait décidé de faire lire dans toutes les classes du pays, en début d'année scolaire, la lettre du jeune résistant Guy Môquet à ses parents avant son exécution, une pratique qui n'a toutefois pas perduré.

"Ce qui vous rassemble aujourd'hui, c'est ce désir de servir plus grand que soi et de se rendre utile à la France", a poursuivi le chef des Armées, qui a ensuite asssité à des ateliers de formation au combat au corps à corps - avec des armes factices - et au maniement de fusils d'assaut, avant de déjeuner au mess avec les appelés.

- "Le sens du collectif" -

Le premier mois de service est consacré à la formation initiale (les classes): esprit de discipline, maniement des armes, marche au pas, etc.. Les neuf mois suivants, les volontaires sont insérés dans les trois armées et les services de soutien.

Au-delà d'un "métier", de "compétences", de la découverte de la "vie d'une unité militaire", "vous allez apprendre quelque chose de bien plus précieux encore, le sens du collectif", a aussi insisté le chef de l'Etat.

Après 3.000 volontaires attendus cette année, les volontaites doivent être 4.000 l'an prochain, 5.000 en 2028, 7.500 en 2029 et 10.000 en 2030, selon l'Elysée, qui explique cette augmentation très progressive par la nécessité de développer les infrastructures pour accueillir ces jeunes.

Un budget dédié de 2,3 milliards d'euros a été voté dans la loi de programmation militaire adoptée cet été.

Contrairement à l'ancien service militaire, interrompu en 1996, le nouveau dispositif n'a aucun caractère obligatoire. Il est proposé à de jeunes Français, âgés de 18 à 25 ans, qui percevront une rémunération d'environ 800 euros par mois s'ils sont sélectionnés

Selon l'Elysée, les candidats ont "répondu en masse" dès cette première année, permettant un niveau de sélection "satisfaisant", et un taux de féminisation de l'ordre de 30%, un peu au-dessus du taux moyen des armées.

fff-vl/hr/glr

U.Mylonas--AN-GR